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Victoire en coupe du monde et unité nationale

Jean-Claude REQUIER
Question posée par Jean-Claude REQUIER

Dans la séance des Questions d'actualité au gouvernement, Jean-Claude #Requier a interrogé le Premier ministre, Édouard Philippe sur la victoire des Bleus, à la coupe du monde de football 2018.

"cette équipe incarne et revendique avec éclat l’unité nationale et les valeurs de la #République"


INTERVENTION INTEGRALE

M. Jean-Claude Requier. Ma question s'adresse à M. le Premier ministre. (Ah ! sur les travées du groupe Les Républicains.)

En tant que premier orateur, je tiens à adresser, au nom du groupe du RDSE, mes félicitations à l'équipe de France de football… (Applaudissements.)

M. le président. J'y joins celles du Sénat tout entier !

M. Jean-Claude Requier. ... non seulement pour sa victoire en Coupe du monde, mais aussi pour son état d'esprit exceptionnel.

En 1998, la France remportait à domicile son premier trophée mondial. C'était la victoire d'une équipe métissée, vite surnommée « black-blanc-beur ». Comme le notait le sociologue et ancien ministre Azouz Begag, chacun pouvait alors s'identifier à une histoire à travers un joueur : Zidane pour les personnes originaires d'Afrique du Nord, Karembeu pour les Kanaks, Djorkaeff pour les Arméniens, Henry pour les Antillais, Lizarazu pour les Basques.

Rien de tel en 2018 ! Nos champions n'ont qu'une expression à la bouche : « Vive la République, vive la France ! » (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.) Ils disent leur fierté d'être Français, chantent la Marseillaise jusque sur le perron de l'Élysée et refusent d'être renvoyés à leurs origines. Ainsi, quand le site Sporf associe dix-neuf joueurs au drapeau de leur pays d'origine, le défenseur Benjamin Mendy répond en accolant un seul et même drapeau à chacun, notre drapeau bleu-blanc-rouge.

M. Roger Karoutchi. Très bien !

M. Jean-Claude Requier. Quel magnifique symbole !

On ne peut que se féliciter de cette initiative, qui montre que cette équipe multicolore incarne et revendique avec éclat l'unité nationale et les valeurs de la République, à rebours de toute velléité identitaire. Barack Obama ne s'y est d'ailleurs pas trompé lorsqu'il a déclaré : « Regardez l'équipe de France qui vient de remporter la Coupe du monde. Tous ces gars ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois, mais ils sont français. Ils sont français ! »

Monsieur le Premier ministre, une fois le soufflé de l'euphorie retombé, comment allons-nous tous continuer à faire vivre cette promesse de l'unité nationale que nos compatriotes ont découverte, ou redécouverte, avec ferveur ? (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, ainsi que sur des travées du groupe Union Centriste et du groupe Les Indépendants – République et Territoires.)

M. le président. Merci pour ce message, cher collègue !

La parole est à M. le Premier ministre.

M. Édouard Philippe, Premier ministre. Monsieur le président Requier, permettez-moi à mon tour, au nom de l'ensemble des membres du Gouvernement, de dire la fierté et l'admiration qui ont été les nôtres devant le magnifique résultat obtenu par l'équipe de France de football à l'occasion de cette compétition.

Magnifique d'abord, parce que la victoire est belle. Magnifique ensuite, parce que, au-delà du résultat sportif, il y a eu, vous avez raison de le souligner, un état d'esprit, une joie, une fierté, une envie d'assumer ce que l'on est qui étaient parfaitement réjouissants. Cela a, je crois, suscité l'enthousiasme des Français, de ceux qui aiment traditionnellement le football, – c'est mon cas depuis longtemps –, mais aussi, au-delà, de ceux qui aiment la France. Ils ont vu dans cette équipe de jeunes gens, parfois très jeunes, quelque chose qui ressemblait à ce que nous voulons montrer de notre pays. Je m'associe donc à vos félicitations, monsieur le président Requier.

J'ajoute que cette victoire n'est pas seulement sportive. En tout cas, elle n'est pas neutre. C'est parce qu'elle n'est pas neutre qu'elle a suscité autant de réactions : certains dénigrant le caractère de cette équipe, d'autres, au contraire, le célébrant. Au fond, qu'on la critique ou qu'on la célèbre, on dit que cette équipe montre quelque chose de particulier de notre pays.

Vous avez cité le Président Obama, qui s'est exprimé à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Nelson Mandela. Ce n'était probablement pas neutre dans son esprit, et ce n'est clairement pas neutre dans le mien.

Au fond, ce qui est le plus notable dans cette victoire, c'est ce que les joueurs en disent eux-mêmes. Bien souvent, nous avons la tentation de faire dire aux sportifs, surtout lorsqu'ils sont victorieux, des choses qui nous arrangent. C'est là un travers humain, voire un travers politique. Aussi, le mieux est de nous contenter de répéter ce que les joueurs ont dit avec ardeur, avec enthousiasme, avec vigueur : vive la République et vive la France ! (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche, du groupe Les Indépendants – République et Territoires, du groupe socialiste et républicain, du groupe communiste républicain citoyen et écologiste, du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et du groupe Union Centriste. – Mme Laure Darcos applaudit également.)

M. Didier Guillaume. Très bonne réponse !