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Discussions générales

PROPOSITION DE RESOLUTION SUR LE PASTORALISME

INTERVENTION DE MARYSE CARRERE

Maryse CARRERE

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INTERVENTION INTEGRALE

Mme Maryse Carrère. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, je tiens tout d'abord à remercier M. le président du Sénat ainsi que les membres du groupe de travail sur le pastoralisme et notre collègue Patricia Morhet-Richaud d'avoir aujourd'hui voulu mettre en lumière le pastoralisme, au travers de cette proposition de résolution.

Cette dernière aborde la problématique de cette pratique ancestrale avec réalisme, respect des hommes, des cultures et des modes de vie. Elle met l'accent sur les difficultés des éleveurs aux pratiques vertueuses qui, au-delà d'une économie favorisant l'excellence, protègent une vie touristique, garantissent le maintien des populations montagnardes, la lutte contre la fermeture des milieux et la préservation d'un environnement souvent soumis à des aléas climatiques violents.

Monsieur le ministre, je sais que vous connaissez bien le département des Hautes-Pyrénées. Lors de leur congrès en juin dernier, les jeunes agriculteurs vous ont expliqué les difficultés et les particularités de la pratique du pastoralisme. Vous avez entendu leur cri d'alarme.

Alors que nous travaillions sur cette proposition de résolution, l'actualité nous a rattrapés avec l'annonce, par le ministre de la transition écologique et solidaire, de la réintroduction de deux ours en Béarn et de la réactivation du plan Ours.

Comment comprendre une telle décision qui fragilise toute une profession déjà affaiblie ? Comment peut-on sacrifier toute une économie à un choix idéologique ? Quel sera l'avenir de nos montagnes ? Deviendront-elles un espace réservé aux prédateurs dont on aura chassé toute présence humaine ? Ce n'est pas notre choix.

Comment peut-on imposer aujourd'hui à des éleveurs déjà harassés de travail de monter à plus de 2 000 mètres d'altitude tous les soirs pour garder leurs troupeaux ? Comment peut-on aujourd'hui leur rajouter des contraintes et de la peur ?

Depuis les premières réintroductions d'ours dans les Pyrénées, force est de constater qu'aucune des mesures d'accompagnement mises en place n'a fonctionné. Il y a aujourd'hui une réelle incompatibilité entre la présence de grands prédateurs et celle des troupeaux.

Va-t-on persister dans ces erreurs ? Va-t-on enfin écouter la voix unanime des parlementaires de ces territoires ? Allez-vous aujourd'hui entendre cette proposition de résolution de la Haute Assemblée qui se dresse pour préserver les territoires ?

J'ai eu l'occasion de dire au ministre François de Rugy que, par ces mesures, il expose le pastoralisme à une mort certaine. Face à cette situation, nous ne pouvons nous résigner. Cette proposition de résolution est un cri d'alarme, une alerte de nombreux élus de montagne qui s'inquiètent face au désarroi de leurs éleveurs. Elle vise à replacer cette économie, son savoir-faire et ses bienfaits au centre de nos préoccupations.

Monsieur le ministre, je sais que vous n'êtes pas responsable de ces réintroductions, mais vous avez le devoir de prendre en compte cette détresse et de défendre cette profession. Vous avez le devoir de prendre en considération les demandes légitimes d'études d'impact et de concertation avec les populations concernées.

Je ne peux que vous encourager à relayer cette proposition de résolution en faveur de laquelle – vous l'aurez compris – le groupe du RDSE votera dans sa grande majorité. (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et sur des travées du groupe socialiste et républicain, du groupe Union Centriste et du groupe Les Républicains.)

Mme Françoise Laborde. Très bien !

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