Accueil » Proposition de loi portant diverses dispositions relatives aux collectivités locales

LE TRAVAIL PARLEMENTAIRE DU RDSE<<< Revenir à la liste

Discussions générales

Proposition de loi portant diverses dispositions relatives aux collectivités locales

Intervention de Pierre-Yves Collombat

Pierre-Yves COLLOMBAT

M. le président. La parole est à M. Pierre-Yves Collombat.

M. Pierre-Yves Collombat. Si j'osais, je dirais que cette proposition de loi assure le service après-vente - ou après-vote - de divers projets de loi relatifs aux collectivités locales qui l'ont précédée de peu !

Il s'agit d'une proposition de loi destinée à préciser des points sur lesquels nous sommes probablement passés un peu vite, à donner un peu de souplesse à des dispositifs trop rigides ou à combler quelques vides.

Ainsi l'article 1er assouplit le régime des incompatibilités entre exercice d'un mandat et d'une profession salariée.

Contrairement à ce que pense Mme la ministre, il était, me semble-t-il, excessif, particulièrement en secteur rural, que l'agent d'un EPCI ne puisse être conseiller municipal d'aucune des communes membres de cet EPCI.

L'article 3 apporte aussi davantage de souplesse au mode de désignation des délégués communautaires dans les communes de moins de 1 000 habitants, libérant ainsi le maire et les adjoints de l'obligation de concilier les deux fonctions. Ils seront automatiquement délégués dans l'ordre du tableau, s'ils le désirent - dans la grande majorité des situations, cela sera le cas, au moins pour le maire, mais s'ils le désirent seulement.

Cette solution est plus compliquée que celle que j'avais proposée dès la discussion de la loi du 17 mai 2013, mais elle s'inscrit dans la logique de ce qui avait été alors décidé. Ce n'est certes pas le cas de ma proposition, mais elle a au moins le mérite d'être immédiatement compréhensible par ceux qui auront à la mettre en œuvre. Là, il faudra envoyer des conseillers du ministère de l'intérieur pour expliquer le fonctionnement du système !

Quelle était ma proposition ? Permettez-moi de le rappeler.

Comme il a été jugé que le mode de scrutin des communes de 3 500 habitants et plus ne pouvait s'appliquer à toutes les communes, quelle que soit leur taille, ce qui était aussi ma position, comme il a été considéré que les électeurs n'éliraient pas directement leurs conseillers communautaires et que les communes de moins de 1 000 habitants devaient garder les joies du panachage, quintessence de la démocratie, selon certaines bonnes âmes, alors pourquoi ne pas tout simplement conserver le mode de désignation des délégués communautaires qui était aussi le leur, le scrutin uninominal majoritaire ?

La justification qui m'avait été alors donnée– conserver, avec l'ordre du tableau, un système s'apparentant à une désignation directe par l'électeur –n'était guère, avouez-le, mes chers collègues, convaincante…

Maire et adjoints, placés en tête du tableau, sont élus au scrutin majoritaire uninominal ; quant aux conseillers municipaux suivants, personne ne sait qu'en votant pour eux on désigne aussi les délégués communautaires. C'est, paraît-il, une façon de conserver, pour les communes de moins de 1 000 habitants, l'impression que les électeurs désignent directement les délégués.

Personne n'y croit,…

M. André Reichardt. C'est sûr !

M. Bruno Sido. Personne n'y croit, en effet !

M. Pierre-Yves Collombat. … mais, apparemment, ce dispositif a fait l'unanimité.

C'est pour cette raison que j'avais alors défendu mon amendement, sans succès à l'époque, et pour cette raison aussi que je le défendrai de nouveau, au risque de ne pas être plus suivi aujourd'hui. Mais peu importe, si tous les problèmes posés par la loi du 17 mai 2013 étaient là, on n'en parlerait même pas ce soir !

M. Bruno Sido. Tout à fait !

M. Pierre-Yves Collombat. Passons…

L'article 6, qui permet la mise en place anticipée de la nouvelle gouvernance des communautés résultant de la fusion de plusieurs EPCI en cas d'accord entre les membres est, quant à lui, tout à la fois un article d'assouplissement et de clarification.

Clarification encore, et précisions, avec les articles 3 A et 3 B, s'agissant du mode de désignation du ou des suppléants et de leurs pouvoirs ; précision et clarification également quant à l'interprétation des règles de présentation des listes de candidats de délégués communautaires.

Mesure de clarification mais aussi de prudence s'agissant de l'article 4, consacré à la situation compliquée des sections électorales des communes associées. Mieux vaut, comme le propose M. le rapporteur, simplifier ce qui peut être simplifié sans risque et se donner du temps pour traiter les situations plus complexes, donc à surprises. Cela dit, la discussion nous offrira peut-être l'occasion d'adopter immédiatement des solutions pratiques. Pourquoi pas ? Mais l'histoire nous a légué des situations particulièrement compliquées, aussi vaut-il souvent mieux y regarder à deux fois !

Enfin, je ne doute pas que le rétablissement de l'effectif des conseils municipaux des communes de moins de 100 habitants sera largement apprécié. Autant la réduction pouvait se justifier dans le but de faciliter l'extension à ces communes du mode de scrutin proportionnel de liste – c'est bien pour cette raison qu'il avait d'ailleurs été proposé –, autant une telle réduction des effectifs prenait un caractère discriminatoire si l'ancien mode de scrutin était maintenu. C'est en tout cas très largement comme cela que cette disposition a été interprétée dans les communes.

Mes chers collègues, vous l'aurez compris, notre groupe votera cette proposition de loi, modeste mais fort utile.(Applaudissementssur certaines travées du RDSE, ainsi que sur les travées du groupe socialiste.)

<<< Revenir à la liste