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Discussions générales

Projet de loi de finances pour 2016 : économie

Intervention d'Yvon Collin

Yvon COLLIN

Mme la présidente. La parole est à M. Yvon Collin.

M. Yvon Collin. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, en 2016 encore, la mission « Économie » sera marquée par la réduction des dépenses publiques. À périmètre constant par rapport à la loi de finances initiale pour 2015, elle connaîtra une nouvelle baisse à hauteur de 5,6 %, après une diminution de 4,2 % l'an dernier. Cet effort correspond à l'objectif de 120 millions d'euros d'économies sur la période 2014-2017 défini par la loi de programmation pluriannuelle des finances publiques.

Les crédits pour 2016, s'ils sont adoptés, s'élèveront à 1,46 milliard d'euros.

Les principales nouveautés concernent le financement des réformes décidées depuis la promulgation, le 6 août dernier, de la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, texte qui a donné lieu à des débats parlementaires particulièrement riches, divers et prolongés.

Avec la mission « Travail et emploi », la mission « Économie » a pour but majeur le soutien à l'activité des entreprises, en particulier des PME, dont on sait le rôle essentiel dans la bataille contre le chômage.

Les dépenses fiscales représentent à nouveau le principal levier de cette mission, avec un montant cumulé de 20,5 milliards d'euros, contre 17 milliards d'euros l'an dernier. Parmi elles, le CICE, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, est la principale dépense fiscale rattachée, avec 13 milliards d'euros. La commission des affaires économiques a souligné que le CICE représentait un véritable « bol d'oxygène » pour certaines entreprises en difficulté de trésorerie, bien que ses effets réels sur l'économie ne puissent être totalement évalués à ce jour.

L'article 52 rattaché modifie les modalités d'allocation au Fonds de financement des chambres de commerce et d'industrie de région, le FFCCIR. Une enveloppe de 18 millions d'euros sera ainsi destinée aux actions de péréquation.

Les programmes dits « pérennes » de cette mission sont ceux qui supportent la plus grande partie de l'effort budgétaire. Ainsi, le programme 134, « Développement des entreprises et du tourisme », connaît une baisse de 5 % en crédits de paiement. Ces derniers s'établissent donc à 852 millions d'euros. Cette baisse s'explique essentiellement par la réduction des crédits du FISAC. Ce dispositif est désormais recentré sur les communes rurales, ce dont se félicitent les membres du RDSE.

Le programme 220, « Statistiques et études », qui assure le financement de l'INSEE, voit également ses crédits se réduire, quoique dans une moindre mesure. Cette réduction porte surtout sur les dépenses de fonctionnement.

C'est le programme 305, « Stratégie économique et fiscale », qui connaît la baisse la plus drastique, à hauteur de 7,7 % par rapport à la loi de finances initiale pour 2015. Toutefois, ce repli s'explique par la diminution progressive de la subvention versée à la Banque de France au titre des commissions de surendettement, qui connaissent une importante restructuration.

Outre ces trois premiers programmes, la mission « Économie » inclut le plan France très haut débit, créé l'an dernier. On le sait, ce plan prévoit le déploiement de la fibre optique sur l'ensemble du territoire à l'horizon de 2022 et mobilise 20 milliards d'euros d'investissements sur dix ans, dont 6 milliards à 7 milliards d'euros apportés par les opérateurs et 3 milliards d'euros accordés par l'État, le reste étant financé par les collectivités territoriales.

Monsieur le ministre, si la commission des affaires économiques a souligné la difficulté à coordonner tous les partenaires pour former un véritable plan d'ensemble, nous nous réjouissons vivement de l'ambition affichée par le plan France très haut débit, qui regroupe plusieurs acteurs autour d'un projet structurant et tout à fait fondamental.

Le déploiement de la fibre optique est un impératif pour l'attractivité de nos territoires. Il est attendu de tous, entreprises et particuliers. Néanmoins, l'élu local et rural que je suis ne peut pas masquer son inquiétude quant au respect du calendrier, notamment pour ce qui concerne les zones non conventionnées éloignées des grands centres urbains. Cela étant, votre réponse nous rassurera sans doute sur ce point.

Au total, si la mission « Économie » continue de voir ses crédits diminuer conformément à l'objectif de réduction de la dépense publique, son périmètre est peu modifié par rapport à l'an dernier. Cet effort d'économies mérite d'être salué. Nous regrettons que les dépenses de fonctionnement et surtout d'intervention pâtissent en premier lieu de cette contraction des moyens, mais nous mesurons l'inertie des dépenses de personnel.

Nous saluons, comme l'an dernier, la poursuite des efforts en faveur de la simplification des démarches administratives des entreprises. Dans ce domaine, il faut se réjouir de chaque simplification ! Il s'agit là d'un véritable enjeu d'attractivité et, sur ce front, notre pays a encore des marges de progression assez importantes.

La majorité des membres du RDSE apportent leur soutien total à la politique économique mise en œuvre par le Gouvernement. C'est pourquoi nous approuverons les crédits de cette mission, ainsi que ceux du compte de concours financiers rattaché. (Applaudissements sur plusieurs travées du groupe socialiste et républicain. – M. André Gattolin applaudit également.)

M. Richard Yung. Très bien !

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