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Discussions générales

Projet de loi de finances pour 2016 : enseignement scolaire

Question de François Laborde dans le débat interactif et spontané

Françoise LABORDE

Mme la présidente. La parole est à Mme Françoise Laborde.

Mme Françoise Laborde. Ma question porte sur l'apprentissage des mathématiques et s'adressait à Mme la ministre de l'éducation nationale, car elle concerne plutôt l'enseignement du premier degré.

De nouveaux programmes concernant les apprentissages du français en primaire et au collège ont été élaborés. J'ai toujours pensé qu'illettrisme et « innumérisme » étaient liés. Or nous avons reçu les conclusions du Conseil national d'évaluation du système scolaire, le CNESCO, qui montrent que nos enfants ont quelques lacunes en mathématiques.

Finalement, monsieur le secrétaire d'État, mon propos vous concerne aussi : aujourd'hui, la France est réputée dans la recherche en mathématiques et rivalise sans problème dans ce domaine avec les États-Unis. Qu'en sera-t-il demain si les conclusions du CNESCO se révèlent exactes ? Quelles mesures prévoyez-vous de prendre pour ne pas laisser la situation se dégrader ? De nouvelles évolutions des programmes du premier degré et du collège sont-elles envisageables ?

J'ai récemment demandé que l'on dédouble les classes pour l'apprentissage de la lecture en cours préparatoire. Peut-être faudrait-il envisager de créer des postes supplémentaires pour l'apprentissage des mathématiques ?

Je profite de la discussion budgétaire pour vous alerter sur le sujet, monsieur le secrétaire d'État : il vous faut suivre de près cette problématique, afin d'empêcher que des difficultés n'apparaissent et de prévoir la création de modules spécifiques dans le cadre du budget de formation continue des enseignants.

Comme le disait tout à l'heure notre collègue Brigitte Gonthier-Maurin, le budget alloué à la formation continue se réduit hélas de plus en plus. Je vous demanderai donc, monsieur le secrétaire d'État, d'y apporter une attention toute particulière et d'en prévoir le financement nécessaire.

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État.

M. Thierry Mandon, secrétaire d'État. Madame la sénatrice, vous avez raison d'insister sur un tel sujet et de rappeler que le niveau des élèves français en culture mathématique – notamment lors des dernières enquêtes PISA, les programmes internationaux pour le suivi des acquis des élèves – est en baisse. Leurs résultats sont surtout marqués par de forts déterminismes sociaux.

À 17 ou 18 ans, près de 10 % des jeunes Français rencontrent des difficultés pour utiliser les mathématiques dans leur vie quotidienne. C'est la raison pour laquelle Mme la ministre de l'éducation nationale a souhaité mettre en place une stratégie mathématique d'une ampleur que je crois sans précédent.

Cette stratégie s'articule autour de trois grands axes, qui correspondent à peu près aux souhaits que vous venez d'exprimer.

Le premier axe concerne les nouveaux programmes – puisque nous venons justement d'élaborer de nouveaux programmes – de la scolarité obligatoire : ceux-ci donnent désormais à la maîtrise du nombre la même place centrale que celle qui est accordée à la maîtrise de la langue ; ils comportent également des contenus nouveaux tels que l'algorithmique ou l'informatique.

Le deuxième axe de cette stratégie résulte de l'élaboration d'un portail national de mathématiques, qui est actuellement en cours de construction. Nous mettons de nouvelles ressources pédagogiques à la disposition des enseignants et faisons évoluer le CAPES de mathématiques en créant une option informatique.

Enfin, le troisième axe de cette stratégie consiste à laisser une place importante aux mathématiques dans la formation des enseignants, avec des actions tout à fait spécifiques. Il faut aussi noter la publication d'une brochure ONISEP sur les métiers de l'informatique et des mathématiques, élaborée en partenariat avec de nombreuses associations.

Bref, nous tenons les engagements pris dans le cadre de la stratégie mathématique. La maîtrise des savoirs fondamentaux et des compétences en mathématiques est une priorité absolue pour l'école réformée.

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