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Discussions générales

Projet de loi autorisant la ratification du traité de coopération en matière de défense entre la République française et la République du Mali

Intervention de Jean-Claude Requier

Jean-Claude REQUIER

Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Claude Requier.

M. Jean-Claude Requier. Madame la présidente, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, en permettant la neutralisation des groupes islamistes armés et la conservation de l'intégrité territoriale du Mali, l'opération Serval a été un succès reconnu par la communauté internationale. La fragmentation du Mali aurait constitué une grave menace pour la région, mais également pour notre propre sécurité, comme le Gouvernement l'avait souligné, à l'époque, pour justifier l'intervention française, une intervention approuvée par le groupe du RDSE.

Sur le plan politique, les accords d'Alger de 2015 ont rétabli le dialogue intercommunautaire, jetant les bases d'une réconciliation nationale et d'une réorganisation du territoire. Mais comme l'a souligné le rapporteur, le volet de la décentralisation peine à se mettre en œuvre. C'est pourtant un point essentiel pour répondre au défi de la diversité de la population malienne.

C'est pourquoi toutes les parties doivent continuer à discuter pour un partage équitable et inclusif du pouvoir, de manière à garantir la cohésion territoriale.

Les accords d'Alger posent également les fondations d'une nouvelle armée malienne. C'est une urgence pour assurer la sécurité du pays, car le processus de paix ne signifie pas la fin des menaces, comme l'ont démontré les deux attentats perpétrés à Bamako, à la fin de l'année dernière.

M. Hubert Falco. Eh oui !

M. Jean-Claude Requier. Les terroristes, qui ont profité du chaos né en 2012 au Nord-Mali, sont toujours tapis dans l'ombre du Sahel, même si l'action combinée des forces du G5 du Sahel, de la MINUSMA et de l'opération Barkhane les tient à distance.

Dans ces conditions, la France doit continuer à apporter son aide au Mali en matière de défense, comme elle l'a toujours fait.

Cela a été rappelé, la coopération entre les deux pays est régie par deux accords : l'un datant de 1985 et l'autre spécifiquement destiné à sécuriser l'opération Serval. Aujourd'hui, nous devons renouveler cette coopération pour l'adapter au nouveau contexte.

Le groupe du RDSE est favorable au traité signé le 16 juillet 2014, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, ce traité préserve l'accord garantissant la sécurité juridique de l'opération militaire Serval. Ensuite, il prend en compte les nouveaux enjeux de sécurité, en particulier ceux qui sont liés au terrorisme. Enfin, il ne comporte aucune clause d'intervention en cas d'agression extérieure et – cela va de soi ! – en cas de troubles intérieurs. Ce dernier point est important puisqu'il s'accorde avec l'un des nouveaux paradigmes de notre politique africaine, consistant à ne pas se poser en gendarme obligé.

Pour finir, j'ajouterai que le traité participe de la volonté de la France, et pas seulement, d'encourager l'Afrique à fonder son propre système de sécurité collective, qui doit à l'évidence reposer sur des échelons régionaux.

Si notre pays peut conserver des forces stationnées et s'impliquer au cas par cas, l'Afrique, souvent désignée comme continent de l'avenir, doit alors bâtir son propre futur en matière de défense. Pour cela, elle peut compter sur le soutien de la France et sur celui, plus modeste, du groupe du RDSE. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du RDSE, du groupe socialiste et républicain, de l'UDI-UC et du groupe Les Républicains.)

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