Accueil » Projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques

LE TRAVAIL PARLEMENTAIRE DU RDSE<<< Revenir à la liste

Explications de vote

Projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques

Explication de vote de Jean-Claude Requier

Jean-Claude REQUIER

Mme la présidente. Avant de mettre aux voix l'ensemble du projet de loi, je donne la parole à M. Jean-Claude Requier, pour explication de vote.

M. Jean-Claude Requier. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, après ces longs débats…

Mme Catherine Deroche, corapporteur. Moins longs qu'en première lecture !

M. Jean-Claude Requier. …, après cette seconde étape, je voudrais vous donner la position de mon groupe.

Je souhaiterais tout d'abord saluer votre action, monsieur le ministre. Votre travail, votre présence, le jour comme la nuit, jusqu'au bout de la nuit et même, quelquefois, au-delà (Sourires.), votre écoute et votre patience, ainsi que votre dynamisme, méritent nos éloges.

Je reprendrai une image que j'ai déjà utilisée au cours de ce débat. Vous essayez de faire bouger les lignes, ce qui est difficile dans un pays conservateur comme la France.

En 1940, nous avions un chef d'état-major qui s'appelait Maurice Gamelin : il n'est pas très connu parce que, comme il n'a rien gagné, il n'a ni rue, ni avenue, ni statue à son nom. On le surnommait Baudelaire.

Il appliquait la tactique de 14-18 : il était partisan de tranchées, d'un front uniforme, où des blindés, à l'avant, protègeraient l'infanterie. Les Allemands, en revanche, avaient des Panzerdivisionen qui perçaient le front et fonçaient. Bien sûr, on sait ce que cela a donné.

Pendant que les Allemands hachaient la Pologne, les Français ne bougeaient pas : c'était la « drôle de guerre » ! Comme les soldats s'ennuyaient sur le front durant cette période où rien ne se passait, on leur envoyait des acteurs et des chanteurs, Maurice Chevalier et bien d'autres.

Alors pourquoi l'appelait-on Baudelaire ? Dans un sonnet des Fleurs du mal, intitulé « La Beauté », il est écrit ceci : « Je hais le mouvement qui déplace les lignes »… (Sourires.)

Vous êtes, monsieur le ministre, sinon un poète, du moins, sûrement, quelqu'un de cultivé ; mais, avant tout, vous aimez bouger les lignes.

Tout cela pour dire que je voudrais vous féliciter pour votre « prestation » au banc du Gouvernement durant cette nouvelle lecture.

Qu'avons-nous retiré de cet examen ? Parlons d'abord du positif : nous nous félicitons de l'adoption, en première puis en nouvelle lecture, de certains de nos amendements. J'espère qu'ils demeureront dans le texte après son passage au Palais-Bourbon, plus près de la Seine…

Mme Nicole Bricq. C'est dans le bon sens, c'est vers la mer !

M. Jean-Claude Requier. Nous avons pu apporter des modifications positives au texte initial dans plusieurs domaines. Je citerai les mesures en faveur de la mobilité, notamment sur le permis de conduire ; celles prises pour le logement et l'urbanisme, pour la rémunération des experts-comptables et celle des présidents de tribunaux de commerce ; le raccourcissement des délais pour les demandes de rescrit-valeur ; enfin – ce n'est pas le moindre des amendements –, l'obligation d'une prescription médicale pour la fourniture de verres correcteurs, quel que soit l'âge du patient. Cette dernière disposition protègera la santé publique même si elle n'a pas suscité l'enthousiasme de Mme la rapporteur.

Mme la présidente. Il faut conclure, mon cher collègue. Nous appliquons les nouveaux temps de parole.

M. Jean-Claude Requier. Nous regrettons, avant tout, le chapitre dédié aux professions réglementées. Pourquoi donc défendons-nous ces professions ? Parce que nous sommes les fantassins de l'enclavement territorial et du monde rural ! En conséquence, comme en première lecture, la majorité des membres du RDSE s'abstiendra sur ce projet de loi. (Applaudissements sur les travées du RDSE.)

M. Charles Revet. Qu'aurait fait Gamelin ?

M. Robert del Picchia. Il aurait voté pour ! (Sourires.)

<<< Revenir à la liste