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Débat préalable à la réunion du Conseil européen des 27 et 28 juin 2013

Question de Yvon Collin dans le débat interactif et spontané

Yvon COLLIN

M. le président. La parole est à M. Yvon Collin.

M. Yvon Collin. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, l'emploi des jeunes figure parmi les principaux thèmes de la feuille de route du prochain Conseil européen. Les chiffres, que nous connaissons tous, font état d'une situation dramatique pour une majeure partie de la jeunesse européenne : plus de 23 % des jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi au sein de l'Union européenne. La France dépasse cette moyenne, avec un taux de 26,6 %. Plus grave encore, en Grèce, en Espagne ou en Croatie, plus d'un jeune sur deux est au chômage.

Depuis Berlin ce matin, aux côtés de la chancelière allemande, le président Obama a mis en garde contre l'émergence d'une « génération perdue ».L'Europe est naturellement consciente de ce fléau et en a pris toute la mesure. C'est en particulier le cas du couple franco-allemand, qui s'est récemment mobilisé, en plaidant, notamment, pour le déboursement accéléré de 6 milliards d'euros sur deux ans en faveur de l'emploi des jeunes. Toutefois, nous devons faire plus, car cet état de sous-emploi massif fragilise nos concitoyens et alimente l'euroscepticisme.

Nous avons épargné la guerre à nos jeunes générations. C'est une bonne chose. Néanmoins, sans une politique vigoureuse et audacieuse de lutte contre le chômage, un autre mal les guette, celui d'un avenir fait de désœuvrement et de détresse sociale, propice au repli sur soi et à la peur de l'autre.

C'est pourquoi, monsieur le ministre, je compte sur la détermination du président Hollande et sur celle du Gouvernement, donc sur la vôtre, pour étendre à l'Europe l'engagement de faire de la jeunesse une priorité.(Applaudissementssur certaines travées du RDSE. – M. Aymeri de Montesquiou applaudit également.)

M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.

M. Thierry Repentin,ministre délégué. Vous touchez là, monsieur le sénateur, au cœur de l'agenda du Conseil européen des 27 et 28 juin prochain. En effet, s'il ne devait y avoir qu'une seule priorité, ce serait notre jeunesse. Cette priorité mobilise non seulement le Président de la République, qui la porte en personne, mais aussi l'ensemble du Gouvernement.

Sur ce sujet, j'espère que nous pourrons obtenir des résultats concrets, avec le vote par le Parlement européen, lors des prochaines semaines, du cadre financier pluriannuel et avec la création, proposée par la France en février dernier, d'une ligne de 6 milliards d'euros. Nous souhaitons que ces crédits soient mobilisés, non pas sur la période 2014-2020, ainsi que le prévoit le projet de budget, mais entièrement en 2014 et 2015, afin de créer un effet de levier maximum, unfront loading, comme on dit en anglais, destiné à accompagner les mesures mises en place par les pays.

Cette mesure bénéficiera à toutes les régions d'Europe dans lesquelles le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans est supérieur à 25 %, c'est-à-dire, pour la France, l'ensemble des territoires d'outre-mer et une dizaine de régions.

Il faut aussi citer la « garantie jeunesse » : l'Union européenne demande aux États de mettre en place des mesures d'offre de formation professionnelle, d'apprentissage et de stages. La France s'engagera, au travers d'un appel à projet que tous les préfets de département recevront dans quelques jours, à proposer ce dispositif à titre expérimental dans dix départements, dans un premier temps, avec l'objectif d'accompagner 100 000 jeunes.

Par ailleurs, la dotation consacrée à Erasmus passera de 8 à 13 milliards d'euros, afin de toucher davantage de jeunes en situation de formation et de mobilité, mais aussi d'ouvrir ce programme aux jeunes qui n'en bénéficient pas aujourd'hui, c'est-à-dire à ceux qui sont en formation en alternance dans les entreprises et les apprentis. Nous mettrons ainsi « sur l'établi », si je puis dire, un statut européen de l'apprenti qui fait actuellement défaut et qui permettra une reconnaissance de leur formation.

Enfin, durant ce Conseil, une demande sera faite à la Banque européenne d'investissement, la BEI, de mettre en place des crédits spécifiques pour les jeunes créateurs d'entreprise.

Monsieur le sénateur, les mesures tout à fait concrètes sont de nature à vous confirmer que la jeunesse est la priorité première, en France comme en Europe.

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