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Débat sur la revue stratégique de défense et de sécurité nationale

Question de Raymond Vall dans le débat interactif

Raymond VALL

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M. le président. La parole est à M. Raymond Vall.

M. Raymond Vall. C'est à un triple défi que nos armées sont confrontées dans leurs opérations extérieures.

D'abord, les menaces persistent, voire s'accroissent. Il y a certes des victoires au Levant – saluons le symbole de Raqqa –, mais le Sahel n'est pas stabilisé et Boko Haram reste actif. Qu'adviendra-t-il si les djihadistes chassés du Levant se replient dans cette zone ? La République centrafricaine mais aussi la République démocratique du Congo ne peuvent qu'inspirer de vives inquiétudes…

Ensuite, deuxième impératif, il faut ménager l'outil pour durer, car notre niveau d'engagement est éprouvant pour les hommes et pour le matériel. Cet aspect a été maintes fois souligné.

Enfin, troisième point, il faut chercher des soutiens, en Europe, d'abord, quand nos partenaires ne partagent pas notre priorité sahélienne, aux Nations unies, ensuite, alors que l'attitude des États-Unis a compliqué l'adoption de la résolution 2359 sur la force du G5 au Sahel, et auprès de la société civile des pays en crise, enfin, car toute intervention, même justifiée, finit par susciter, quand elle dure, des oppositions.

La seule manière d'attaquer à la racine ce triple défi, dans le cadre d'une « approche globale », est bien identifiée par la revue stratégique : « l'autonomie stratégique ne saurait se penser en termes exclusivement militaires et suppose une articulation étroite avec […] [la] diplomatie […] [et le] développement. »

Madame la ministre des armées, comment contribuerez-vous à créer, avec M. le ministre des affaires étrangères, une véritable dynamique défense-diplomatie-développement, dans une optique de sortie de crise au Levant et au Sahel, mais aussi dans une perspective préventive dans un Maghreb fragile ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Florence Parly, ministre des armées. Vous avez raison, il est plus difficile de faire la paix que de mener des guerres. Nous l'avons vu en Irak en 2003, en Afghanistan depuis 2001 et nous pourrions le voir, à terme et dans une moindre mesure, au Sahel.

Nous voyons bien que nos adversaires sont des groupes armés terroristes et que l'action contre de tels groupes ne peut être uniquement militaire ; cela ne serait pas suffisant. Il faut, vous l'avez rappelé, lier de façon cohérente une approche diplomatique et politique – l'engagement opérationnel de nos forces armées – avec une aide au développement qui permet, au fond, de répondre à la racine du mal : la pauvreté et la détresse dont se nourrissent les terroristes.

Nous devons poursuivre, au profit de ces populations, cette approche globale, qui n'est pas nouvelle. Au sein du ministère des armées, le Centre interarmées des actions sur l'environnement est spécifiquement chargé de contribuer à sa mise en œuvre, en complémentarité, bien sûr, avec l'action du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, qui est plus spécifiquement chargé du volet développement.

Sur le terrain et à l'échelon local, nous mettons également quotidiennement en œuvre cette approche au travers d'actions civilo-militaires ou de l'aide médicale déployée en faveur des populations partout où nos troupes sont présentes. D'une façon plus ambitieuse, à l'échelon de la région sahélienne, la création de l'alliance pour le Sahel répond également à cette logique.

Nous devons donc garder à l'esprit que, dans tout conflit, au Sahel comme ailleurs, c'est l'État tout entier qui s'engage, et non seulement ses armées.

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