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Débat sur l'avenir de l'institut français

Question de Françoise Laborde dans le débat intéractif

Françoise LABORDE

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Mme la présidente. La parole est à Mme Françoise Laborde, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.

Mme Françoise Laborde. Madame la présidente, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, la diplomatie culturelle est un vecteur essentiel de la diplomatie d'influence. À ce titre, tous les instruments qui concourent aux politiques de coopération culturelle doivent être consolidés. Force est, hélas !, de constater que tel n'est pas le cas aujourd'hui.

D'une part, les tentatives de rationalisation des moyens ont échoué. Je pense bien sûr à l'échec de l'expérimentation du rattachement du réseau culturel public à l'Institut français.

D'autre part, si le contrat d'objectifs et de moyens 2017-2019 confirme l'Institut français dans son rôle d'opérateur pivot de la politique culturelle extérieure de la France, les dotations qui lui sont chaque année attribuées en loi de finances ne sont pas à la hauteur de cette ambition : nous aurons l'occasion d'en reparler très bientôt, au fil des débats budgétaires.

En attendant, monsieur le secrétaire d'État, je souhaite connaître l'état de développement des outils numériques mis en place au cours des dernières années, au travers de différentes plateformes telles que Culturethèque, IFcinéma ou encore IFverso.

Depuis 2013, une équipe est chargée d'approfondir ce chantier du numérique. Elle suit, en particulier, la mise en œuvre du projet IF 360, qui donnera accès à la production culturelle française à des publics du monde entier. Ce projet est censé aboutir en 2018 ; je souhaite tout simplement savoir où il en est.

Mme la présidente. La parole est à M. le secrétaire d'État.

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Madame la sénatrice, vous abordez deux points : celui des moyens et celui du numérique.

Pour ce qui concerne les moyens, je l'admets, il est un peu paradoxal de disposer d'un contrat d'objectifs et de moyens, d'assigner de nombreuses missions et de réduire les dotations à la portion congrue. On me dit que c'est là la norme. Mais, à mon sens, cette question mérite qu'une réflexion soit menée avec le ministre de l'action et des comptes publics : les contrats d'objectifs et de moyens doivent permettre, au moins, de tracer une trajectoire.

Ensuite, en fonction des contraintes, la trajectoire peut être adaptée. Mais, en l'occurrence, je me réfère à l'engagement des signataires, figurant à l'annexe 2, article 1er du contrat d'objectifs et de moyens. Que dit-on des moyens fixés pour une durée de trois ans ? Que « la consommation des écrits s'établira dans la limite de 27,8 millions d'euros en 2017 », point final. C'est un peu court !

Mme Françoise Laborde. Nous sommes d'accord !

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État. Dans le cadre des travaux menés avec le ministère de l'action et des comptes publics, nous devons donc désormais, de manière structurelle, disposer au moins d'une indication de trajectoire.

Je sais que, dans cet hémicycle, siègent d'anciens maires, qui ont géré des budgets…

M. Didier Guillaume. Eh oui !

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État. … et qui savent les difficultés que l'on peut rencontrer en la matière. En pareil cas, on s'ajuste. Mais, je le répète, il faut à tout le moins une trajectoire.

Pour ce qui concerne le numérique, la plateforme IF 360 jouera effectivement un rôle d'agrégateur. Elle sera mise en service au premier semestre de 2018 : c'est donc une question de mois, voire de semaines. D'ailleurs, il serait possible de convier à ce lancement les sénateurs et les députés qui suivent tout particulièrement ce sujet. Sachez que les équipes sont très mobilisées : aujourd'hui, à l'heure d'internet, il s'agit naturellement d'un chantier essentiel.

Madame la présidente, pardonnez-moi, je constate que mon temps de parole est épuisé. Je précise simplement que le numérique est aussi utilisé pour la formation à distance. L'Institut français permet, en effet, de former des professeurs de français langue étrangère, ou de compléter les compétences d'un certain nombre de personnels, travaillant, notamment, sous des contrats locaux. Ainsi, il joue un rôle en matière de ressources humaines, pour la valorisation des talents.

Mme la présidente. Monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, je vous invite tous à respecter votre temps de parole, faute de quoi notre ordre du jour sera fortement décalé.

La parole est à Mme Françoise Laborde, pour la réplique.

Mme Françoise Laborde. Monsieur le secrétaire d'État, pour ce qui concerne les moyens, je tiens à vous remercier de votre honnêteté. Il est vrai que les ajustements ne sont pas toujours évidents et que, pour écrire un contrat d'objectifs et de moyens sans disposer de grandes ressources en face, il faut faire preuve d'équilibrisme.

Quant au lancement de la plateforme IR 360, nous serons ravis d'y participer. J'en suis persuadée, les parlementaires ne manqueront pas de communiquer à son sujet pour la porter haut et fort.

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