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Débat : quelles énergies pour demain ?

Question de Raymond Vall, dans le débat intéractif

Raymond VALL

M. le président. La parole est à M. Raymond Vall.

M. Raymond Vall, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, l'Agence internationale de l'énergie s'est félicitée du cadre politique ambitieux adopté par la France en faveur du développement des énergies renouvelables, via la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Elle estime toutefois que la France ne s'est pas dotée d'une visibilité à long terme pour ce qui concerne le financement de ces mesures. Cela est particulièrement vrai s'agissant des projets menés par les collectivités territoriales, auxquels a fait allusion mon collègue Ronan Dantec : 500 territoires environ ont été labellisés et se sont engagés, par la signature de contrats et de conventions. Or, sur les 750 millions d'euros d'engagements conclus par l'État, seuls 400 millions d'euros de crédits de paiement ont été inscrits au budget. Il se dit, sans que nous en ayons la confirmation, monsieur le secrétaire d'État, que le Gouvernement s'apprêterait à décider, dans quelques jours ou quelques semaines, d'allouer à ces projets 75 millions d'euros supplémentaires, dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2017.

Restera néanmoins un déficit de 275 millions d'euros, qui manqueront à l'appel pour concrétiser les contrats qui ont été signés par ces collectivités.

Au moment même où le Président de la République déclare que le seuil de l'irréversible a été franchi et que les équilibres de la planète sont près de rompre, il est assez incompréhensible que la parole de l'État ne soit pas respectée.

Monsieur le secrétaire d'État, ma question est toute simple : quels seront en définitive les crédits confirmés afin de permettre à ces territoires dits TEPCV de faire face aux contrats signés ?

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État.

M. Sébastien Lecornu, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire. Je souhaite vous rassurer, comme le ministre l'a déjà fait il y a quelques jours au Sénat lors des réponses à des questions d'actualité au Gouvernement : la parole de l'État sera respectée, même si le gouvernement précédent a été bien imprudent de confondre autorisations d'engagement et crédits de paiement. (M. Roland Courteau s'esclaffe.) Il s'agit donc d'un héritage du passé que le Gouvernement et le Parlement devront régler lors du projet de loi de finances rectificative.

Effectivement, la ministre précédente a demandé à des collectivités locales de signer des conventions avant même que celles-ci n'aient délibéré, avec un écart important entre les autorisations d'engagement et les crédits de paiement. Voilà pour la pédagogie.

Je vous le confirme, monsieur le sénateur, 75 millions d'euros seront prévus dans le cadre du projet de loi de finances rectificative, ce qui, au regard des autorisations d'engagement et de ce qui est déjà réalisé – point qui semble absent de votre calcul –, permettra de passer l'année 2018 sans aucun problème.

Par ailleurs, nous ne tiendrons pas rigueur aux collectivités qui, à l'époque, avaient été invitées par le gouvernement et par l'État à signer les conventions TEPCV, territoire à énergie positive pour la croissance verte, alors que leur organe délibérant ne l'avait pas fait – en général, le conseil communautaire, plus rarement le conseil municipal. Le ministre d'État a donné instruction aux préfets d'exécuter comme telles ces conventions, même si la délibération est intervenue ultérieurement.

La seule chose que le Gouvernement demandera aux territoires concernés, c'est d'avoir commencé à engager le projet avant le 31 décembre 2017, ce qui n'est pas une nouveauté puisque cela figure dans la convention. L'État tiendra donc sa parole, à condition que les collectivités territoriales concernées aient engagé le projet avant le 31 décembre, sachant que, sur ce point également, nous avons demandé aux préfets de faire preuve de clémence par rapport à la notion d'engagement. Un acte en régie, un bon de commande peuvent suffire à prouver que le projet est sur le point de démarrer. Bref, chacun a su faire preuve de bienveillance sur cette question et nous en sortons par le haut.

M. le président. La parole est à M. Raymond Vall, pour la réplique.

M. Raymond Vall. Si les territoires en sont là, c'est qu'ils ont été pris dans une spirale d'accélération dont ils ne sont pas coupables. Ils ont été convoqués dans des délais extrêmement brefs pour signer des conventions, avant même qu'ils aient pu faire voter leur assemblée. Il ne faut donc pas les pénaliser !

De surcroît, le volet concernant les certificats d'économie d'énergie est très important puisqu'il représente des ressources considérables. Si ces crédits ne sont pas respectés, ce fera autant de ressources en moins pour ces territoires, essentiellement ruraux ou périurbains.

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