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Débat une crise en quête de fin - quand l'histoire bégaie

Question de Jean-Claude Requier dans le débat interactif

Jean-Claude REQUIER

M. le président. La parole est à M. Jean-Claude Requier, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.

M. Jean-Claude Requier. Monsieur le président, madame la secrétaire d'État, mes chers collèges, il existe en économie une théorie des cycles, qui peut faire croire, en effet, que, selon la judicieuse expression de Pierre-Yves Collombat, « l'histoire bégaie ». Après la longue crise, ou plutôt la succession de crises qui ont miné l'économie mondiale depuis 2007, nous entrons actuellement dans une phase d'embellie. Nous le savons, la croissance de l'Union européenne devrait atteindre 2,3 % en 2018. Depuis l'année dernière, tous les indicateurs économiques mondiaux passent au vert.

Pour autant, la vigilance doit continuer de s'imposer, en particulier s'agissant de la possible formation de bulles ou de l'utilisation abusive de certains outils financiers.

Depuis 2007–2008, les banques centrales ont mis en œuvre des politiques exceptionnelles qui se sont traduites par des taux d'intérêt exceptionnellement bas et une liquidité surabondante. Or, selon le prix Nobel Jean Tirole – un Toulousain –, une bulle peut émerger quand le taux d'intérêt est inférieur à celui de la croissance. Par ailleurs, quand il y a trop de liquidités, les financiers sont en quête d'actifs rentables. Le FMI s'en est inquiété à l'automne, à propos d'actifs non traditionnels comme le fameux bitcoin, qui est souvent évoqué, mais il n'est pas le seul.

Je voulais évoquer également les LBO, ces rachats d'entreprises par endettement, dont les entreprises françaises sont très friandes. Je sais que le Haut Conseil de stabilité financière ainsi que la BCE ont alerté sur la hausse des emprunts bancaires et des financements par LBO, qui pourraient faire peser des risques sur la stabilité financière. La hausse des taux d'intérêt pourrait en effet fragiliser les sociétés trop endettées.

Madame la secrétaire d'État, quel est votre sentiment sur ces LBO, et quelles actions préventives pourraient être envisagées pour que ces opérations soient non seulement sans danger pour les entreprises qui les mènent, mais également sans risque pour la stabilité financière dans son ensemble ?

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Delphine Gény-Stephann, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances. Monsieur le sénateur, comme vous l'avez noté, la reprise de l'activité économique est là. C'est une bonne nouvelle. Elle s'accompagne d'une accélération du cycle financier, ce qui créé potentiellement des risques, lesquels doivent être maîtrisés.

Les autorités de surveillance – la Banque de France, la BCE et le CERS ou comité européen du risque systémique –pointent deux risques principaux sur la stabilité financière en France : l'endettement des entreprises privées et une réévaluation au niveau mondial des primes de risque.

Monsieur le sénateur, vous avez en particulier soulevé le sujet des bulles spéculatives. Il ne nous semble pas qu'il y ait aujourd'hui un risque prégnant et urgent à cet égard. Il peut y avoir des doutes sur l'immobilier dans certains pays, mais ces phénomènes font l'objet d'une grande vigilance et ne nous paraissent pas appeler de mesures de restriction.

Nous exerçons une vigilance approfondie, par l'intermédiaire du Haut Conseil de stabilité financière et les pouvoirs macroprudentiels dont il dispose, sur la stabilité des marchés financiers et la valorisation des prix des actifs. Cet organisme a d'ailleurs exprimé à la fin de l'année dernière son inquiétude sur le dynamisme de l'endettement des entreprises et a prôné des mesures visant à limiter l'exposition des banques en France aux dettes des principales entreprises. Ce problème nous semble aujourd'hui bien maîtrisé.

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