Le RDSE a demandé un débat pour interpeller le Gouvernement sur les réponses que pourrait apporter l’Union européenne face au retour des impérialismes

Paris, le 25 février 2026

 

A l’initiative du groupe RDSE, le Sénat débattra ce soir sur la stratégie de l’Union européenne face au retour des impérialismes (Russie, Chine, Etats-Unis…)

 

Suite à l’opération américaine au Vénézuéla et aux tentatives de prédation du dirigeant américain sur le Groenland en début d’année, le RDSE a demandé un débat pour interpeller le gouvernement sur les réponses que pourrait apporter l’Union européenne face au retour des impérialismes.

Les sénatrices Annick Girardin (Saint-Pierre-et-Miquelon) et Sophie Briante-Guillemont (Français établis hors de France) et le sénateur Raphaël Daubet (Lot) interviendront ce soir au Sénat. A cette occasion, ils rappelleront que :

 

-l’Union européenne doit continuer de défendre le respect du droit international, même dans un cadre multilatéral fragilisé

-l’Europe doit également maintenir une ligne claire consistant à encourager les issues pacifiques et la démocratie, et considérer l’inviolabilité des frontières posée par la Charte des Nations Unies comme un objectif intangible

-si la politique de sanctions diplomatiques et économiques doit demeurer un instrument privilégié en politique étrangère, la question du droit de véto doit être interrogée au regard du nouveau contexte international

– la commission européenne doit poursuivre sa puissance normative, en particulier numérique, sociale et environnementale à travers le déploiement de sa politique d’aide au développement, de ses réseaux consulaires et des multinationales d’origine européenne

– Bruxelles doit pousser autant que possible l’exigence de réciprocité dans les relations commerciales internationales et soutenir en ce sens ses propres secteurs stratégiques dans les domaines agricole, industriel et numérique.

 

Considérant toutefois que l’agression russe contre l’Ukraine, la mise en scène par la Chine de sa puissance militaire ou encore les provocations du président américain à l’encontre de l’Europe, changent la donne géopolitique, le RDSE soutient la nécessité d’ajuster la stratégie européenne de sécurité. Dans cette perspective, le groupe approuve :

 

-la trajectoire haussière engagée pour la Défense française au sein de la loi de programmation militaire 2024-2030

-se satisfait des efforts budgétaires également portés par les autres États membres ;

-la feuille de route pour la préservation de la paix et la préparation à la défense à l’horizon 2030, proposée en octobre 2025 par la Commission comprenant notamment : l’initiative européenne de défense contre les drones, la formation de coalitions sur les capacités, la stimulation de l’investissement pour la base industrielle de défense et la création d’une zone de mobilité militaire à l’échelle de l’UE.

– la position considérant que la stratégie de défense européenne reste complémentaire de la défense collective garantie par l’OTAN.

 

L’affirmation de la puissance nécessite des actes concrets mais elle est aussi une question de volonté politique. Face au problème de l’unité parfois incomplète ou même bloquante comme on le déplore à travers la position récurrente de la Hongrie, le RDSE appelle à la remise en marche d’un moteur européen. L’axe Rome-Berlin qui se dessine actuellement ne peut exclure Paris. Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne en 2020, la France est le seul État membre à disposer de la dissuasion nucléaire, une garantie de sécurité essentielle pour que l’Union européenne encourage sa stratégie de souveraineté et d’indépendance. Dans cette perspective, le RDSE souhaite que la France s’emploie à une ligne diplomatique raisonnée et cohérente, la condition de sa crédibilité et de son poids auprès de ses partenaires.

 

Enfin, à l’ère de la communication, sans trahir ses valeurs ni ses engagements, l’Union européenne doit tenir un discours plus ferme pour ce qui est juste et conforme au droit international, et rappeler aussi sans complexe ses atouts : un ensemble démocratique de 450 millions d’habitants composé de 27 pays dont certains comprennent des territoires positionnés partout dans le monde.

 

 

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