Souveraineté française à Saint Pierre et Miquelon : Annick Girardin (RDSE) refuse tout abandon de contrôle de l’espace aérien au profit du Canada

Paris, le 21 janvier 2026

Annick Girardin, sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon et vice‑présidente de la délégation sénatoriale aux outre‑mer et ancienne ministre alerte le gouvernement sur une remise en cause inacceptable de la souveraineté française dans le ciel de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon.

La sénatrice appelle le gouvernement à renoncer à tout projet de transfert au Canada du contrôle d’une partie de l’espace aérien français de l’archipel et à réaffirmer avec force la souveraineté de la France et de l’Europe dans le bassin nord‑atlantique.

Une décision « incompréhensible et dangereuse »

Selon les informations transmises à la sénatrice, le contrôle de la zone d’approche de l’espace aérien de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon, située en dessous de 6 000 pieds, pourrait être confié à un organisme canadien pour des motifs présentés comme techniques et administratifs. Une telle évolution serait vécue sur place comme un abandon manifeste et enverrait, sur la scène internationale, le signal incompréhensible d’un renoncement de la France à l’exercice plein de ses droits souverains dans la zone.

Annick Girardin rappelle que Saint‑Pierre‑et‑Miquelon est un territoire français associé à l’Union européenne, situé sur la route de l’Arctique, au cœur d’un bassin où se recomposent les rapports de force stratégiques. Dans ce contexte marqué par le retour assumé des impérialismes et les provocations répétées de certains dirigeants sur l’avenir du Groenland et de l’Arctique, affaiblir volontairement la présence française serait, pour la sénatrice, un contresens politique et stratégique.

Un enjeu stratégique pour la France et l’Europe

Pour Annick Girardin, cette décision fragiliserait aussi le dossier français d’extension du plateau continental au large de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon, examiné par les Nations unies, alors même qu’aucun gouvernement, du général de Gaulle à François Hollande, n’a jamais accepté de remettre en cause la souveraineté de la France dans le bassin nord‑américain. L’archipel européen subarctique, représente au contraire un atout géostratégique et économique majeur pour la France et pour l’Europe à l’entrée de la route de l’Arctique.​

La sénatrice rappelle avoir, de longue date, fait de la défense de la souveraineté nationale et de la valorisation des outre‑mer un fil conducteur de son action, qu’il s’agisse de l’extension du plateau continental, des licences de pêche post‑Brexit. Elle appelle l’exécutif à être à la hauteur de l’ambition de « l’Archipel France » portée entre 2017 et 2020, en donnant à l’État les moyens de sa stratégie, plutôt qu’en cédant progressivement sur des éléments concrets de souveraineté.​

Appel à un sursaut et à une initiative politique

Annick Girardin demande au gouvernement de « rester droit dans ses bottes » et de mettre immédiatement un terme à toute démarche de dévolution de l’espace aérien de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon au profit d’un État tiers. Elle propose, en parallèle, d’engager une initiative politique forte avec le Danemark et le Groenland, par la conclusion d’un accord de coopération incluant pleinement Saint‑Pierre‑et‑Miquelon, afin de renforcer la présence française et européenne dans l’espace arctique et subarctique.

« Comment prétendre défendre notre influence diplomatique, notre crédibilité stratégique et notre engagement auprès de nos alliés si nous ne sommes pas en mesure de protéger nos propres territoires et leurs intérêts ? », interroge la sénatrice. Face aux affrontements stratégiques qui s’annoncent dans la zone, elle appelle le Président de la République et le gouvernement à adopter une stratégie claire, courageuse et ferme, à l’abri des provocations et des imprévisibilités de certains dirigeants.

 

 

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