Face à la multiplication des canicules, le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) rappelle qu’une partie essentielle des réponses était identifiée de longue date par le Sénat.
Dès 2019, le rapport « Adapter la France aux dérèglements climatiques à l’horizon 2050 : urgence déclarée », les sénateurs Jean-Yves Roux et Ronan Dantec dressaient un constat sans ambiguïté : le « choc » climatique était connu, ses manifestations déjà visibles, et l’adaptation devait devenir une priorité nationale à part entière.
Le rapport soulignait déjà la progression des vagues de chaleur, l’intensification des sécheresses des sols, la baisse attendue des débits estivaux des cours d’eau, les risques sanitaires accrus, ainsi que les perturbations majeures pour l’agriculture, le tourisme, l’énergie et l’aménagement du territoire. Il relevait également que la mobilisation restait insuffisante sur le terrain, dans les collectivités comme dans les filières économiques.
Or, sept ans plus tard, force est de constater que plusieurs préconisations structurantes défendues dans ce travail initié au sein de la délégation à la prospective, auquel le RDSE a directement contribué, n’ont pas été mises en œuvre avec la détermination nécessaire.
Le RDSE regrette en particulier le manque de prise en compte :
- de la nécessité d’un véritable pilotage interministériel des politiques d’adaptation ;
- de l’urgence à estimer les besoins financiers et à construire des outils de financement lisibles, fondés sur l’affectation, la contractualisation, la solidarité et la cohérence ;
- du besoin d’un accompagnement renforcé des collectivités, notamment des intercommunalités chargées des plans climat-air-énergie territorial (PCAET);
- de la nécessité de bâtir une politique ambitieuse d’adaptation du bâti face aux canicules, aux inondations et aux îlots de chaleur urbains ;
- de l’impératif de mettre en place des politiques de l’eau adaptées au changement climatique, fondées sur la sobriété, la préservation des zones humides, le soutien aux agences de l’eau et une gouvernance territoriale renforcée ;
- de l’urgence, enfin, d’un véritable plan national d’adaptation de l’agriculture conciliant souveraineté alimentaire, agroécologie, gestion responsable de l’irrigation et couverture assurantielle plus efficace.
Le rapport appelait aussi à soutenir davantage la recherche et l’expertise scientifique, à créer un portail national de l’adaptation comme guichet unique, et à renforcer le rôle du Parlement dans la définition et le suivi des politiques d’adaptation. Là encore, les retards accumulés ont affaibli la capacité du pays à anticiper plutôt qu’à subir.
Pour le RDSE, l’adaptation ne peut plus être le parent pauvre de la politique climatique. Les sénateurs avaient indiqué la voie : ne plus opposer adaptation et atténuation, mais les articuler ; investir plus tôt pour protéger davantage ; donner aux territoires, aux élus locaux, aux filières économiques et aux citoyens les moyens d’agir.
Le sénateur du RDSE Jean-Yves Roux invitera demain le gouvernement, lors des questions d’actualité, à reprendre sans délai les recommandations pour une politique d’adaptation à la hauteur des réalités climatiques que vivent déjà nos concitoyens, nos agriculteurs, nos élus locaux et nos territoires les plus exposés.





