Alors que le Sénat s’est tout juste saisi de la protection des mineurs à travers une proposition de loi visant à contrôler l’honorabilité des personnels d’encadrement des enfants, le drame de la petite Lyhanna démontre tragiquement que beaucoup reste à faire.
4 900 majeurs ont été mis en cause pour viol sur mineur, et 8 600 pour agression sexuelle entre 2017 et 2024. 64 % ont vu leur affaire classée sans suite.
Pour le groupe RDSE au Sénat, il n’est plus tolérable que des enfants victimes de violences restent trop souvent sans protection, sans réponse rapide, et sans accompagnement rigoureux.
Les débats récents au Sénat ont confirmé l’urgence d’agir. Trop de failles demeurent dans la détection des violences, dans le contrôle des personnels au contact des enfants, dans la transmission des informations entre services, et dans la prise en charge des victimes. Chaque retard, chaque silence, chaque défaillance institutionnelle peut briser ou coûter la vie.
La protection de l’enfance n’est ni un sujet technique, ni un simple enjeu de gestion administrative.
En 2024, le RDSE a fait adopter par le Sénat une proposition de loi renforçant la protection judiciaire de l’enfant victime de violences intrafamiliales. C’est une pierre à l’édifice et les sénateurs du groupe se félicitent que le ministre de la Justice Gérald Darmanin la traduise dans son projet de loi.
Au-delà de cette initiative, parce que les réponses sont trop dispersées, le RDSE demande la création d’un parquet spécialisé pour la protection de l’enfance qui permettrait de coordonner les signalements, d’assurer le suivi des situations les plus sensibles, de faciliter les échanges entre les départements, l’éducation nationale, l’ARS, la justice et les forces de sécurité.
La réduction des délais de traitement des affaires doit être également une exigence absolue. La question des moyens doit être mise en débat, plutôt que jeter en pâture les professionnels de justice, qui pour la plupart d’entre eux portent bien souvent l’institution judiciaire à bout de bras.
Nous appelons donc à un sursaut collectif. Le Parlement doit aller au bout de cette exigence car il n’y a pas de place pour les demi-mesures.





