À l’occasion de l’examen au Sénat du projet de loi de programmation militaire, le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) a rappelé, par la voix du sénateur du Var André Guiol, l’ampleur des défis stratégiques auxquels la France et l’Europe sont confrontées. L’incident récent de Galați, en Roumanie, où un drone russe a frappé un immeuble d’habitation près de la frontière ukrainienne, illustre combien la guerre menée par la Russie déborde déjà sur les marges de l’Europe et met à l’épreuve nos défenses, nos infrastructures et nos capacités de réaction.
Face à cette situation, le RDSE souligne que les drones, la guerre électronique, la défense sol‑air, les munitions ou encore la frappe dans la profondeur ne sont plus de simples sujets techniques mais des attributs concrets de notre souveraineté. Dans un environnement où les priorités stratégiques des États‑Unis se déplacent vers la Chine et l’Indopacifique, le groupe insiste sur la nécessité pour l’Europe de renforcer ses moyens de défense, afin de garantir son autonomie et sa liberté.
Le groupe RDSE s’est cependant opposé hier soir à la rallonge de 14 milliards supplémentaires votée en commission des affaires étrangères du Sénat, mais finalement supprimée en séance par l’adoption d’un amendement du gouvernement. Il a considéré que cet effort décidé par la majorité sénatoriale, sans débat sur les recettes, remettait en cause la soutenabilité de la LPM. L’inconstance budgétaire ne fait pas une doctrine de défense.
Le RDSE affirme que l’impréparation ou la préparation militaire se jugent d’abord dans les budgets votés et les choix industriels, non par posture. Le groupe soutiendra ce qui renforce l’autonomie stratégique de la France : nos stocks, notre industrie, nos capacités militaires et l’entraînement de nos armées. Cependant le groupe refuse que l’urgence stratégique serve de prétexte à l’affaiblissement de l’État de droit. Il sera ainsi particulièrement vigilant sur le nouveau régime d’état d’alerte de sécurité nationale : s’il peut se comprendre dans son principe, il ne saurait créer des pouvoirs dérogatoires sans garde‑fous stricts, notamment au regard de ceux qui pourraient, demain, les exercer.
La vigilance du groupe sera tout aussi forte sur la lutte anti‑drones. Si la protection des infrastructures civiles sensibles fait consensus, l’usage de dispositifs capables de neutraliser un aéronef ne peut être abandonné à des chaînes de sous‑traitance difficiles à contrôler : lorsque l’État autorise un opérateur d’importance vitale à recourir à des prestataires, il doit savoir précisément qui intervient. Le RDSE déposera des propositions pour encadrer strictement ces dispositifs. Enfin, le groupe défendra un amendement visant à mieux reconnaître l’engagement des réservistes.
« Nous aborderons l’examen de ce texte avec le sérieux qu’il mérite, sans complaisance sur les impensés financiers, sans renoncement sur les libertés publiques », conclut le sénateur André Guiol.




